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Une de la compagnie Les Barbares
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LES BARBARES

Barbares ou Romantiques...
À l’heure où le monde dans lequel nous vivons offre un spectacle renouvelé et surmédiatisé de démantèlement de la parole, de perte du sacré, d’abandon de tradition et du « vieux monde », à l’heure où ceux qu’Alessandro Barrico appelle les « Barbares » dominent et surpeuplent l’espace culturel et médiatique, nous éprouvons le furieux besoin de nous situer, de nous exprimer. Nous ? Nous jeunes gens pop, vulgaires, spectaculaires, nous jeunesse dite menacée d’acculturation, par la « déromantisation » des valeurs et de la tradition.
A partir d’une réflexion sur un essai de Baricco, Les Barbares, nous prenons part à une querelle des Anciens et des Modernes plus brûlante que jamais, dans la mesure où elle est potentiellement le dynamitage de toutes nos traditions. Y prendre part en suivant un conseil précieux du penseur italien : si nous faisons partie de ce monde que l’on dit « en déclin », faisons le à fond, pressons-le comme un citron et trouvons-y son sens. Car il participe d’un mouvement d’énergie en mutation et d’une tendance dont la force de création et d’affirmation est exponentielle. Ne pas jouer d’une posture, c’est devenir barbare, et partant, prendre part à l’affirmation de la nouvelle nature de notre siècle et de son énergie.
Or, où jouer la barbarie à fond, où vivre cette expérience, mieux qu’au théâtre ? Soyons barbares pleinement, broyons le monde ancien et jouons le nouveau, au risque d’y détruire nos rêves, d’y fracasser nos espoirs, d’y désarçonner nos luttes... mais aussi au risque d’y inventer du sens.
Par là, nous nous posons la question de notre culture, de notre identité. Est-elle la chasse gardée d’un monde qui nous précède ? Est-elle sa destruction pour créer du nouveau, ainsi qu’un « marteau parlant », comme dirait Nietzsche, porté par nos nouvelles idoles? Qu’est-ce que c’est que muter, et comment être soi-même dans cette mutation ? Dans la trame des Bacchantes d’Euripide nous avons pu trouver ces questions essentielles. Dionysos dieu vengeur se faufile masqué dans la cité de Thèbes et cherche à y répandre un nouveau culte à son effigie, sous le signe de l’orgie. A ce culte s’oppose Penthée, roi de la cité et tenant de la tradition, qui tente en vain de s’y opposer et finit dépecé par sa propre mère. Mais ce culte, d’autres figures du pouvoir tentent de s’en emparer, en apparence habilement, sans prendre la mesure de l’énergie et du bouleversement qu’il implique.
Au travers de cette relecture des Bacchantes et d’une grande part de création au plateau, notre drame traite du conflit idéologique opposant Barbares et Romantiques. Il faut, pour réformer le monde, en faire partie. Les Barbares incarnent ce nouveau monde, et l’enjeu est d’arriver à questionner la nouveauté qu’ils véhiculent. Partant de là nous prenons aussi au sérieux la force d’affirmation du théâtre dans le changement des subjectivités individuelles que rend possible son expérience radicale. La nouveauté, les formes futures, qu’elles soient artistiques ou sociales vont-elles s’inventer par un accord entre ces deux systèmes ou par une destruction, créatrice d’une nouvelle manière d’expérimenter, d’écouter de la musique, de comprendre la philosophie, de construire un spectacle, de participer à la vie de sa cité ?
« Démolissons ce qui existe non par goût des décombres mais par amour des chemins qui les traversent. » écrit Walter Benjamin. Nous cherchons ce qui dans la déconstruction est porteur de sens, est créateur.
Il s’agit de confronter deux univers, deux rapports à l’art et plus précisément au théâtre : la culture Romantique nous mène vers un théâtre narratif et littéraire, un théâtre de texte tandis que la culture barbare, elle, offre l’embryon de nouvelles formes d’un théâtre post-dramatique qui assumerait le monde en créant du nouveau. L’enjeu du spectacle est d’unir ces deux formes.
Nous cherchons donc une nouvelle forme de narration : comment raconter des histoires en 2017 ? Comment un conflit idéologique résonne au sein de notre monde et au sein du théâtre lui même ? Comment le théâtre peut raconter l’évolution d’une société ?
Nous faisons confiance à l’écriture de plateau et à ses contraintes pour ouvrir un champ de liberté. Les mots ne seront plus alors nécessairement ceux de Baricco ni d’Euripide, mais aussi ceux des acteurs, du metteur en scène, du dramaturge.
Nous voulons pour cela nous inscrire dans une esthétique du risque aux images pop, mais qui cherche avant tout à transgresser les tabous - une esthétique dans laquelle le spectateur est directement impliqué.
Si nous sommes tous mutants, devons-nous, pour autant, abandonner la charge de la positivité de nos affirmations sociales, politiques et artistiques ?
Écriture de plateau, Théâtre